Manon
Posté le 19.01.2008 par caravanier
Lucifer, enfin apaisé s'allongea sur le sol, couvert de roseaux, et, le museau allogé sur ses pattes, il se chauffa au soleil, tandis que Manon se taillait une flûte dans l'une de leurs tiges.
Avant que la nuit ne soit complètement venue, alors que la lune était déjà montée au dessus de l'horizon, elle alla faire une promenade au bord de l'eau, jouissant de la tièdeur de sa caresse entre ses orteils écartés comme des palmes !
Lucifer la suivait, tête basse, le museau touchant presque le creux du genou de Manon, jusqu'au moment où, comme une flèche, il bondit dans les roseaux qui bordait la mer. Elle entendit un grand bruit d'ailes froissées et des cris d'oiseaux aigus, d'abord, puis s'affaiblissant de seconde en seconde.
Le chien réapparut, tenant en travers de sa gueule, un grand oiseau blanc qui vivait ses dernières secondes, et palpitait encore sous la morsure des crocs.
Lorsqu'il sentit que la mort était survenue, il le déposa aux pieds de Manon qui,aussitôt, commença à le dépouiller de son plumage souillé de boue. bientôt, il y eut des plumes et du duvet partout, autour d'elle, Lucifer la regardait faire avec une grande agitation de la queue, et la gueule béante.
En quelques minutes, l'oiseau fut dépouillé, la chair rose, encore tiède était apparue peu à peu.Un oiseu déplumé devient triste à regarder, et même un peu ridicule, comme un homme nu au bord d'une plage. Tout comme ceux qui,,tapis dans les roseaux du bord de la mer regardaient le spectacle de la femme de l'oiseau et du chien. Une main fébrile plongée sous leurs pagnes de peau pour entretenir le désir lourd, massif, palpitant et déjà luisant, que Manon leur inspirait tellement,Mais n'osant s'approcher à cause de la présence du chien et des ses crocs féroces.
Manon, d'un coup de dents, ouvrit le corps à la base du cou, juste à la saignée de l'aile et arracha un grand morceau de chair tendre et chaude! Ensuite, avec ses ongles, elle ouvrit le corps en deux, faisant jaillir les tripes qui glissèrent sur le sol avec un bruit soyeux. Avant d'être happées par la geule de Lucifer, qui n'y fit que peu d'honneur,attendant une meilleure part. Effectivement, après avoir dévoré une partie de la chair, elle tendit les restes de l'oiseau à Lucifer qui gronda de plaisir devant ce festin
La lune était, maintenant un grand dsique blanc au dessus de la mer toute scintillante d'une telle caresse. Manon, marchant dans l'eau pour prolonger la douce sensation de son glissement entre ses orteils, regagnait sa cabane de roseau et sa couche odorante de ses odeurs de femme et de celles de son chien !
--
Posté le 18.01.2008 par caravanier
A en croire les récits que l'on colportait sur son compte, elle dévorait ses proies toutes crues,en les déchiquetant avec ses dents de louve,barbouillant de sang jusqu'aux cheveux, son visage de déesse des marais, à la tignasse de crins noirs raidis par la boue. Elle hypnotisait les rares hommes qui pouvaient réussir à l'approcher, avec ses regards étincelants sa nudité ronde et musclée de femelle en chaleur. Dont les effluves se répandaient sur le marais, montant de ses cuisses écartées sous sa courte tunique en peau de chèvre. ce qui rendait fous furieux les mâles en rut qui ne pouvaient que laisser fuser à grands coups de poignets leurs longues rafales de semence virile dans les flaques de boue du marais ou l'eau verte des étangs!
C'était tojours la cahutte des jumeaux, sans cesse reconstruite qui lui servait de refuge. La plupart du temps elle vivait en pleins roseaux, ses pieds de chasseresse gluants dans la boue tiède et grise des marais.
Le soleil dardait sur sa nuque,et lui chauffait,les cuisses écartées. Accroupie dans les roseaux elle regardait le ciel sillonné de flamands roses aux cous immenses et battant l'air de leurs longues ailes claquantes, avant d'aller s'abattre sur le marais pour s'y nourrir de petits poissons noirs et argentés dénichés dans la vase glauque et putride, sa vallée écarteleé et en béance y affleurant presque avant de s'y plonger, pour un bain rafraîchissant !!.
Arrivé jusqu'à elle sans faire le moindre bruit, un grand chien noir de la race des loups lui effleura le dos de sa truffe froide. Manon sursauta, d'autant plus que le chien poursuivait sa visite en flairant ses aisselles touffues.
Puis, venu face à elle il lui renifla le torse, les tétons dénudés puis lui lècha le visage et les lèvres avant de plonger son museau sous le pagne de peau de chèvre. D'un geste, sans rudesse elle l'écarta de sa fournaise velue et humide qui s'ouvrait!
Manon l'avait laisé faire, car elle avait instantanément reconnu je clône de Lucifer, son compagnon d'autrefois, qui, dix ans auparavant, avait étranglé Romuald, son amant, en deux coups d crocs mortels. Poussé par une jalousie féroce et la fureur de la voir devenir la proie de Romuald sous les yeux de Germain, le cousin, lui aussi fou de jalousie!
Dix ans s'étaient écoulés depuis lors, dix ans d'errance fantomatique et de solitude. déjouant les ruses des hommes lancés à sa poursuite, taraudés par un désir dément et traquant comme un gibier, l'ombre sauvage qu'elle était devenue!Enfin elle allait pouvoir se détendre et se reposer sur la vigilance de Lucifer. la jeune femme tressaillait de bonheur de n'être plus seule ! Enfin elle allait pouvoir, à nouveau courir les marais sans plus craindre qui que ce soit. A nouveau Lucifer allait chasser et pêcher pour elle du gibier dont elle partagerait avec lui, la chair encore tiède et pantelante.Pressé par l'impatience du chien, elle retrouva les gestes d'alors pour se sentir, à nouveau le visage par la langue avide.Comblé par les caresses de Manon, Lucifer se roula en boule à ses pieds.
Posté le 17.01.2008 par caravanier
Dans sa nudité son dépouillement et sa sauvagerie, Manon était un joyau de l'éspèce humaine mais que le destin ne supportait pas de voir accéder au bonheur. Alors par deux fois il lui avait ravi les hommes qu'elle aimait Tristan et Romuald. Eux disparus,elle devint iceberg face au désir de Germain et louve,face à ses élans virils dont elle ne voulait pas.
Répulsion faisant suite à des amours intenses pour deux garçons adolescents de sa race et d'un mâle d'une autre espèce, mais qui de toute évidence l'aimait bien plus intensément qu'un homme n'aurait pu le faire. Allant jusqu'à tuer pour la garder à lui et parce qu'il la croyait en danger.
Elle resta seule dans la hutte, seule avec lui, tout en reprenant ces randonnées sauvages et nocturnes dans les marais les étangs et le bord de mer. Elle y allait presque nue comme une déesse de la nature éclairée par la lune, le visage tendu vers ses rayons et offert aux souffles du vent marin.
Les hommes des villages lointains la connaissaient et certains soirs échappaient à leur foyer pour tenter de l'apercevoir et qui sait peut-être, une nuit, Oh bonheur, la posséder! Sa beauté sauvage les mettaient hors d'eux-même et il couraient dans les marais pour tenter de l'apercevoir, enveloppée de lambeaux de brume et les seins dressés dans la nuit. Alors, eux aussi se mettaient nus, pour être à l'unisson avec elle. Faisant reluire au clair de lune les têtes de leurs sexes énormes et tendus vers elle. Qui toujours leur échappait comme la fille de Satan qu'elle était redevenue depuis son récent veuvage.
Combien de fois tapis dans les roseaux et dans la boue des marais ils l'avaient vue passer, à portée de leur désir triomphant et bondissant pour la saisir enfin dans leurs bras et ne s'étaient refermés que sur de la brume et du vent. Obligés, alors d'assouvir leurs désirs furibonds entre eux ou seulement à la force du poignet pour faire jaillir dans les roseausx, ou sur le sable de la plage, des rafales d'une épaisse semence virile que pourtant ils lui destinaient avec fureur et passion!.
Ainsi, peu à peu était née la légende de Manon qui mettait hors d'elles les mégères édentées et ventrues, aux seins flasques,et aux vallées arides,qui servaient de compagnes à tous ces mâles en rut, fous de Manon!
Les années pasant, la renomée de Manon grandissait autour et alentour. les récits s'amplifiaient, contant sa beauté, devenue mythique, et sa cruauté de fauve !
Posté le 16.01.2008 par caravanier
Voyant à quel point Manon aimait les chevaux, à plusieurs reprises, Romuald qui avait senti naître en lui un sentiment beaucoup plus fort que celui du simple désir physique, à l'insu de Germain la conduisit, à plusieurs reprises, jusqu'à la horde pour qu'elle puisse retrouver Sultan qui lui faisait fête en la voyant venir. Elle pouvait ainsi le caresser à loisir et embrasser son museau soyeux avant de l'enfourcher pour de folles cavalcades; accompagnée par Romuald qui montait un autre étalon apprivoisé, lui aussi. Mais maintenant qu'ils étaient devenus ami, Sultan ne manifestait plus que très rarement sa vigueur d'étalon et se laissait monter par Manon avec un étonnante docilité pour un cheval sauvage !
Mais le fait que Romuald l'ait emmenée seule et sans prévrnir Germain, auprès de l'étalon, provoqua un typhon de jalousie dans le coeur de celui-ci, qui se mit à haïr le seul être au monde qu'il eut jamais aimé et avec qui il avait toujours tout partagé.
Très vite, Manon perçut ce changement et tenta d'offrir à Germain des compensations à ces moments irremplaçables pour elle de chevauchées sur Sultan. En vain !
La jeune femme était d'autant plus malheureuse que le bonheur trouvé près des garçons s'était mué, vis à vis de Romuald en un sentiment plus intense et qui grandissait chaque jour!! Ce qu'elle faisait tout pour cacher, sauf à l'intérêssé qu'elle couvait du regard dès qu'elle ne se sentait plus observée.
Plus rien ne pouvait la retenir. le garçon était devenu, avec Lucifer, le centre de sa vie. Sous de tels cieux les rythmes de la nature dominent souvent. On était justement en période de nouvelle lune et dans cette période, dans les marais, la nuit est un four !
Ce soir là,crevant de jalousie, Germain entendit, plus qu'il ne vit l'ombre de Romuald se glisser vers le corps de Manon pour venir en elle.
Fou de désespoir, Germain se jeta sur son cousin pour le tuer, mais il n'était pas seul. Lucifer ayant perçu, lui aussi la tentative, au même instant se jeta sur Romuald lui planta ses crocs dans la gorge et l'étrangla.
Voir mourir son cousin dans la gueule du chien fut un tel choc que Germain le rescapé de ce massacre, et couvert de sang chercha à se"retrouver" dans une étreinte désespérée de Manon, la belle, la sauvage, l'indomptable mais trahie par Lucifer.
Posté le 15.01.2008 par caravanier
Surprise par la réaction violente de l'étalon, ce à quoi elle ne s'attendait pas, Manon se recula un peu et s'accroupit dans l'herbe, tandis que le cheval continuait à se cabrer et à battre l'air de ses antérieurs. Et que sa longue vigueur continuait à palpiter sous son ventre, presque à portée de main de Manon paralysée par l'émotion.Et puis,soudain, jaillirent de longues rafales de la fécondité de l'animal dont l'une s'écrasa sur le visage de Manon. Les suivantes allant se perdre dans l'herbe !
Bouleversée, Manon se releva brusquement en passant une main sur son visage, ce qui fit peur au cheval qui détala en ruant et en secouant la tête et la crinière. Sa vigueur fouettent l'air pendant encore un moment avant de regagner, peu à peu son abri de peau noire et soyeuse!
Les deux garçons riaient aux éclats en voyant la stupeur de Manon, et ses cheveux collés, mais surpris de voir cette réaction du cheval qui ne se produisait, en général qu'à proximité d'une jument en chaleur !
Lorsque la bête fut calmée,,Manon ne résista pas à tenter de l'approcher et fut surprise de constater qu'elle ne s'éloignait pas, mais au contraire se laissait approcher, puis toucher, puis caresser en tournant la tête pour mettre son museau dans les cheveux tout poisseux de la sauvage pour la humer. Elle le baptisa Sultan !
Romuald de loin lui suggéra: Essayes de le monter ! Après un instant d'hésitation elle attrapa la crinière et se hissa en voltige sur le dos du cheval, dont le garrot se mit à frissonner, mais sans chercher à désarçonner Manon qui lui enserra les flancs de ses cuisses et des ses jambes musclées. Agrippée à la crinière comme elle l'avait fait autrefois en chevauchant avec Tristan, elle donna du talon sur les flancs de Sultan qui se mit à marcher et prit le galop lorsque Manon le sollicita une deuxième fois.
Romuald et Germain se regardèrent, sidérés à la fois de voir que Manon s'avérait être une excellente cavalière, et plus encore que le cheval s'était laissé dompter si facilement alors qu'il leur avait fallu des mois de travail pour en arriver là ! Manon avait le coeur qui battait la chamade et renouait avec sa vie d'autrefois. Sa vie tellement heureuse au côté de Tritan !
Posté le 14.01.2008 par caravanier
Ainsi, Manon était protégée. Heureuse de partager la vie des deux garçons elle ne voulait pas que se créent entre eux des problèmes de rivalité amoureuse et s'arrangeait, donc, pour leur offrir, à chacun, les mêmes caresses sensuelles, d'en recevoir les mêmes offrandes en leur donnant en plus une tendresse qui d'ailleurs, tenait plus de la pulsion sexuelle instinctive que du sentiment profond.
La vie s'était organisée entre eux. les garçons savaient pêcher, Lucifer et Titus savaient chasser tous les gibiers avec adresse mais ils n'avaient pas le feu. Or Manon au moment de l'orage qui les avait réunis avait réussi à préserver le tison qui le lui donnait. Elle l'offrit aux garçons, espérant en échange qu'elle pourrait les suivre lorsqu'ils rejoignaient la horde des chevaux sauvages qu'ils avaient, en partie, apprivoisés, dont un en particuliier jeune étalon nubile dont ils caresssaient l'encolure et le chanfrein en lui embrassant le museau, avant de l'enfourcher !
Grâce à eux, Manon put s'approcher de lui, tremblante de bonheur en le regardant cavalcader, ruer et hennir en secouant sa crinière dans le vent. Lèvres retroussées sur des dents verdies par les herbages.
Peu à peu il s'accoutuma à elle qui put l'approcher de plus en plus près.Le jour où elle posa, pour la première fois sa main sur l'encolure frissonnante fut,pour elle, inoubliable ! Elle caressa l'encolure aussi longtemps que le cheval l'accepta, pour bien imprégner sa main de l'odeur sensuelle qu'elle conserva plusieurs jours au creux de sa paume.
Vint ensuite le moment où, comme les garçons, elle put poser ses lèvres sur le museau doux et mobile. A ce moment,le cheval la respira et, désormais, la reconnut vraiment.
Le fait qu'elle soit femelle était perçu par l'étalon et il devenait nerveux dans ses réactions de mâle.
Elle crut défaillir le jour où, après un baiser sur le museau, elle vit se déplier lentement sa longue vigueur plissée, rose et blanche à tête noire, qui vint se plaquer contre la toison laineuse de son ventre, alors qu'il hennissait en se cabrant !
Manon en perdait le souffle: ce spectacle était son plus grand fantasme depuis son plus jeune âge! Son intimité s'en trouva liquéfiée. Elle tenait à peine debout !
Posté le 13.01.2008 par caravanier
Romuald se mit en marche et fit signe à la sauvage. Ils marchèrent longtemps dans les roseaux jusqu'à la cabane des garçons. Elle fut émerveillée par le luxe de l'endroit et conquise lorsque Romuald, décrochant un gros morceau de poisson séché, le coupa en deux d'un coup de dents et lui en tendit une moitié avant de mordre dans sa part. Tous les trois mangèrent ensemble. Il n'existait donc pas que la haine et la violence !
Romuald et Germain parlaient une langue qui, plus tard, serait le gitan, que ne comprenait pas Manon,qui avait été élevée en parlant le futur catalan. Mais se trouvait pratiquement privée de la parole depuis la mort de Tristan !
Les garçons lui signifièrent, par gestes, qu'elle pouvait partager leur hutte faite de tiges de roseaux et de larges feuilles de palmes, mais elle refusa,et continua de giter dans sa bauge.Voulant conserver sa liberté et craignant des rapports difficiles entre Titus et Lucifer.Jusqu'au jour où un puissant orage la contraignit à trouver un refuge moins précaire que la fourrure de son chien roulé en boule autour d'elle.
En pénétrant dans la hutte des garçons, à la nuit tombée et dans la bourrasque, la réaction des deux chiens fut terrifiante, comme elle le craignait.Toute la persuasion de Manon fut nécéssaire pour calmer Lucifer qui ne supportait pas que quiconque s'approcha d'elle!
Une nuit, alors qu'il lui lèchait le visage, se trouvant à côté de Romuald dont la virilité dressée vers le ciel se trouvait à portée de ses doigts,pantelante, en se souvenant de Tristan, elle fit un mouvement pour l'atteindre. Lucifer, d'un coup de gueule, lui mordit cruellement le bras! Au fil des jours le chien pourtant s'apaisa et admit les deux garçons dans le cercle intime de Manon.
Romuald, une première fois tenta de s'approcher de Manon, le chien ne bougea pas et elle ne le repoussa pas. Alors il vint boire à sa source qui n'avait désaltéré personne depuis la disparition de Tristan. Un soir de splendide pleine lune,il était allongé sur le dos à côté d'elle, son dédir en total émoi. Manon vint sur lui pour le chevaucher et, doucement le fit glisser jusqu'au fond d'elle-même. Pour la première fois elle renouait avec le plaisir et accueillit en même temps Germain à qui elle tournait le dos! Ainsi il n'y aurait pas de jalousie entre les deux cousins !
Posté le 06.09.2007 par caravanier
De jour comme de nuit,ils couraient en bordure des étangs, pour y chercher pitance au clair de lune,qui faisait briller les écailles des grands poissons pêchés à la main, alors que Titus chassait les oiseaux de passage endormis dans les roseaux.
A la nuit largement avancée, le ventre plein de chair crue et d'airelles, ils allaient se blottir l'un contre l'autre, au creux de leur cabane, pour se protéger du froid et dormir, mais aussi, pour avoir le bonheur de glisser une main tiède sous leurs pagnes, éveillant, ainsi leurs désirs!
la plupart du temps les caresses devenaient réciproques et harmoniques! Alors naissait la ballade des corps!
Ils gémissaient de désir, se mordant les lèvres douces ou craquelées, suivant la saison, pour y trouver le goût du sel et de celui de leur propre plaisir qui déjà engluait leurs doigts!
Ce fut au hasard de leurs maraudes que Lucifer et Titus se rencontrèrent et s'affrontèrent aussitôt. Le bruit de leur colère alerta Manon et les garçons qui se retrouvèrent face à face.
Les deux chiens apaisés, se reniflaient à l'envi, pour faire mieux connaissnce. Les adolescents, eus, se regardèrent avec étonnement et méfiance, n'osant agir comme leurs bêtes, mais le désirant fort sans savoir comment s'y prendre!
Le premier, Romuald fit un pas vers Manon et lui tendit la main. Elle se crut attaquée et sauta sur lui, en mordant et griffant!
Déjà le sang coulait sur l'un des bras du garçon qui, d'une forte bourrade,envoya la fille s'étaler dans la boue et lui sauta dessus.
Corps contre corps, ils se défiaient. leurs regards n'étaient qu'éclairs de fureur, alors que, déjà, les instincts primitifs surgissaient, faiaant monter le désir de Romuald, que Manon sentait grandir et durcir contre sa cuisse, comme au temps de Tristan!
Ce contact imprévu les calma. la tension se fit moins forte, les regards s'adoucirent. Romuald se releva et Manon voyant le sang couler sur le bras couvert de boue tenta de le retenir en y appliquant sa peau de chèvre. N'y parvenant pas, elle se mit à lécher et à boire la longue trainée rouge qui s'égouttait jusque sur le sol. Germain intervint en arrachant des feuilles de roseaux pour tresser une sorte de garrot. Voyant celà, un éclat de douceur apparut dans le regard de Manon qui, en un geste de paix effleura de ses doigts boueux la joue de chacun des garçons!
Posté le 05.09.2007 par caravanier
Mais elle ignorait que,juste de l'autre côté du grand étang,à proximité des troupeaux de chevaux qu'ils avaient depuis longtemps réussi à apprivoiser, vivaient deux garçons,qui sans cesse, les chevauchaient à cru. Aggripés aux crinières, galopant à pleins sabots dans les hautes herbes,à proximité de la mer, se gorgeant de soleil et de vent.
Mais aussi,après la cavalcade, dévorant les poissons crus ou séchés qu'ils savaient pêcher et des baies sauvages, mordues à pleine dents, dont le jus coulait sur leur menton, leur faisant la langue noire, au milieu des éclats de rire
Ils avaient, environ dix sept ans. ils s'étaient construits une cabane en roseaux.Vêtus de morceaux de cuir, portés en pagne, taillés dans la dépouille de chevaux morts. Ils étaient seuls tous les deux, vaguement cousins, chassés de leu tribu parce qu'affamés, ils avaient volé des poules et du riz!
Leurs amis étaient les chevaux, que Manon convoitait tellement. mais eux, avaient le pouvoir de les aprocher,qui les reconnaissaient à leur odeur.
Eux seuls avaient acquis l'habileté, après quelques essais douloureux, de les enfourcher et de se laisser emporter sur leurs dos dans des cavalcades effrènées. Ils en descendaient les cuisses et le bassin meurtri par la dureté des échines saillantes!
Eux seuls avaient le pouvoir de poser leurs lèvres sur les museaux mobiles, à la peau si tiède, duveteuse et souvent mouillée d'écume. Ou de se glisser sous le ventre des étalons en pâture, regrdant se déplier, hors des fourreaux de velours les désirs naissants au gré d'on ne sait quel appel de la nature ou seulement à cause de l'odeur d'une jument en chaleur, qu'ils allaient saillir!
Alors, quelques mois plus tard, galopaient les poulains collés au flanc de leur mère, avant de têter les mamelles gonflées des juments attentives à leur survie.
Eux aussi avaient un grand chien bâtard feu et noir, nommé Titis. Les deux adolescent, Romuald et Germain étaient inséparables!
Posté le 04.09.2007 par caravanier
Elle avait encore, et surtout, un amant nommé soleil! Jamais elle n'avait connu la pudeur,mais avec lui,il ne s'agissait de rien d'autre que du don de toutes les fibres de son corps, qu'il savait caresser avec un art venu des millénaires. Chaque repli de son intimité, était à découvert pour recevoir ses baisers. sa grotte s'ouvrait, alors, comme une fleur palpitante, aux pétales humides, libérant le bourgeon dressé comme une amande luisante!
Il allait même, parfois, jusqu'à la brûler, malgré son accoutumance aux intempérie. Alors, d'un roulement de hanches, elle s'enfouissait, lentement,dans la boue grasse et gluante, puis dans l'eau qui lui faisait mille caresses incestueuses, puisqu'elle y était née! Mais le soleil dominait tous ses complices,devenant ami, ou amant ou copain selon son humeur du moment.
Seule, elle avait appris à assouvir les pulsions naîssantes au plus intime de son corps tendu de désir, compensant un peu, ainsi, les cruautés infligées par sa vie solitaire. Elle aimait l'art que possédaient ses doigts complices, faisant naître, de sa source, de longues coulées opalines et nacrées. Ils en détenaient alors, la fragrance et la saveur, qui la troubaleient beaucoup!
Parfois,au loin, elle voyait passer les chevaux sauvages en troupeaux galopant devant leur crinière. Elle voyait, aussi les étalons saillir les juments. Ce qui faisait naître, en elle, de troublants fantasmes!
Souvent elle avait tenté de les approcher, avec au moins l'espoir d'effleurer leurs crinières du bout des doigts, mais les fluences du vent, chaque fois, leur disait que Manon n'était pas de leur race et n'avait rien à faire auprès d'eux. Ils partaient alors en ruades et en grandes secousses de l'encolure, pour faire voleter leurs crinières jaunies par le soleil et le sel !
Elle aurait tout donné pour pouvoir les apprivoiser, s'en faire des compagnons dans de folles galopades sur les collines, au creux des vallons et dans les roseaux. mais elle restait seule avec Titus dans sa bauge de roseaux. le vent soufflait en rafales et ridulait l'étang, les chevaux galopaient au loin dans la boue, tandis que les poiseaux secouaient leur ailes immenses pour en sécher l'humidité. le soir elle regardait la lune jouer à saute-nuages et tout son corps de femme se révoltait contre une solitude qu'il ne supportait plus !
Manon comète à la chevelure brune se sentait orpheline. Manon des roseaux, Manon des étangs, Manon du soleil, Manon du vent et des pulsions sauvages,était toujours seule au creux des marais !