Posté le 12.06.2008 par caravanier
Manuel,dont les parents étaient venus d'Espagne comme jeunes mariés, avec l'espoir de devenir des bourgeois aisés,avaient presque réussi! Au bout de dix années de carreleur dans une entreprise du batiment, Fidel avait créé sa propre petite Société et sa femme Augusta, tout en arrondissant les ressources du couple en faisant des ménages, avait trouvé le temps et le courage de concevoir et de porter deux enfants. Manuel était l'un d'eux.
Au sortir de l'école primaire ses parents désirant pour lui la meilleure éducation s'étaient saignés pour le faire admettre au collège Sain-Eustache de grande réputation pour la qualité des études mais ausi pour la sévérité de la discipline. Très intelligent autant qu'indiscipliné, Manuel avait attiré l'attention des enseigants et surveillants mais ses qualités de bon élève en avait fait un peu un"chouchou"et son charisme lui attirait, malgré celà, toutes les amitiés de ses camarades.Et comme il était aussi très séduisant comme peut l'être un garçon de quatorze ans,il avait remarqué que certains d'entre eux faisaient tout pour attirer son attention en cherchant à se lier d'amitié avec lui.
Très vite, il avait perçu chez quelques-uns des enseignants des comportements un peu particuliers dans leurs gestes et leurs regards appuyés accompagnés de mains frôleuses qui rendaient l'atmosphère un peu lourde et troublante. D'autant plus que Manuel était doté d'un tempérament sexuel explosif depuis le début de sa puberté. Et qu'un rien mettait en éveil celui qu'il sentait souvent tenté de s'épanouir dans sa prison de toile, entre ses jambes. Et qu'il n'osait apaiser que le soir ou la nuit, au dortoir, dans l'intimité de son lit. avec des caresses délivrantes de ses doigts aux ongles rongés!
Et dans ce dortoir, très vite, aussi il avait perçu le bruit furtif de pieds nus sur le plancher suivis de froissements de draps insolites. Dans la demi obscurité due aux fenêtres sans volets, il avait vu avec trouble certains garçons quitter leur lit pour se glisser dans un autre. Lors de ses rondes, le surveillant du dortoir, un garçon de vingt ans semblait fermer les yeux à ce manège et même il s'arrêtait à côté de certains lits en semblant réajuster une couverture, tout en plongeant, en fait, une main sous le drap sans doute pour y rencontrer un oiseau palpitant et fébrile vite dressé sous la caresse prolongée de doigts habiles.
Un soir, il avait même vu l'un des élèves ainsi visité, après un bref passage aux toilettes se faufiler discrètement dans la cellule du surveillant, ce qui avait beaucoup troublé un Manuel qui, pourtant n'imaginait pas sans un frisson de dégoût des contacts intimes avec un presqu'adulte !
Après les séances de sport,il avait remarqué que les mêmes garçons, faisant l'objet de visites partuculières du surveillant au dortoir, et qui se rejoignaient entre eux dans leurs lits, avaient, sur lui, des regards attentifs lorsqu'il se mettait nu pour aller sous la douche. Se sachant bien construit et bien doté, il était fier de son corps et comme tous les adolescents éprouvait certains soirs, de lancinantes et impérieuses envies de caresses, qu'il n'osait vivre que tout seul, mais parfois avec regret, car les pulsions de sa puberté grandissante le poussait à vivre des fantasmes en se caressant !
En voyant ses camarades nus sous la douche après les séances de sport,il observait discrètement leurs anatomies et se savait observé à son tour et fier de l'être car il était mieux doté que la plupart d'entre eux. Il aurait aimé pouvoir leur montrer comment il était le soir en se caressant dans son lit et voir en même temps leurs anatomies épanouies. Il se demandait, aussi quelles sensations procurait le fait de les toucher et de les caresser comme il le faisait sur lui même? Et ce fantasme le faisait jaillir entre ses doigts!
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Posté le 11.06.2008 par caravanier
D'où il se cachait, Juan vit, de loin, les tripes de son ami jaillir de son ventre et se répandre dans la poussière du sol en même temps qu'un flot de sang! Il sanglotta ! La fin du jour et la soirée furent longues pour lui, tordu par le chagrin et torturé par la soif.
Vers minuit, avec la chance que ce soit l'époque de la nouvelle lune, il put s'approcher du village, où bivouaquaient les Franquistes autour du feu. Arrosant ce qu'ils considéraient comme une victoire à grandes rasades de mauvais alcool.
Juan s'approcha de la porte à laquelle était toujours pendu le corps de Dominique. Deux sentinelles somnolaient avachies sur leur arme, non loin de là. Silencieux comme une ombre et souple comme une panthère il égorgea la première, sans un bruit, il avait appris à le faire, avant que la seconde ait eu le temps de réaliser ce qui arrivait. Puis il se jeta sur elle pour lui faire subir le même sort !
Les larmes brouillaient sa vue lorsqu'il décrocha le corps de son ami, qu'il voulait enterrer sur la colline voisine. Portant le corps en travers de son épaule inondée du sang de Dominique, mais sans même sentir son poids !
Ce fut à la sortie du village qu'il tomba à genoux, fauché par une rafale avant de s'écrouler sous le corps de son seul amour !
Loin de là, les taureaux de la ganaderia avait passé la journée à paître sur les collines. On entendait leur souffle humide. On voyait leurs flancs puissants, souvent maculés de bouse palpiter sous la robe luisante fouettée d'un coup de queue pour éloigner un instant les mouches. Qu'ils chassaient, aussi, d'un grand coup de tête à droite ou à gauche, faisant voltiger leurs cornes immenses. Qui, un jour, en fin d'après-midi, dans un même mouvement, encornerait un homme courageux pour le jeter à terre avant de le trouer encore en le clouant au sable de l'arène !
Les noces de sang existent encore en Andalousie, en Castille ou en Aragon, alors qu'à l''Ouest, l'océan projette, avec fracas, ses vagues énormes sur le sable des plages dont l'une avait été le berceau de la rencontre de Dominique et de Juan, Là où la cabane vermoulue immuable face à la mer, avait donné de l'ombre à leurs deux corps dénudés mais encore étrangers l'un à l'autre et engendré ainsi, leurs destins !
Posté le 11.06.2008 par caravanier
Du Nord au Sud de l'Espagne,suivant les ordres reçus, ils se déplaçaient, le plus souvent la nuit pour aller "faire justice"dans de somptueuses résidences aristocrates et bourgeoises. Sans même avoir un regard pour les trésors au pied desquels ils laissaient les corps de leurs victimes férocement mutilées.
Par contre envahissant les étages, Juan et Dominique choisissaient la plus belle chambre pour s'y enlacer sur le lit,nus au milieu des draps somptueux, mais enveloppés des relents de leur sueur, du sang de leurs victimes et bientôt de leurs semences mêlées, autant de fois qu'ils le pouvaient, et lorsqu'ils étaient à bout de jouissance partagée et de baisers échangés avec leurs lèvres gercées et craquelées par le soleil, mais toujours aussi avides, ils alllaient, ensemble, se plonger dans le baignoire de la salle de bains pour se débarasser de toutes ces odeurs de sauvages et de leur crasse d'au moins une semaine!
En vivant ainsi, ils réalisaient que Belzébuth avait vraiment pris le pouvoir dans cette partie du monde et qu'ils en étaient devenus les suppôts. Avec une certaine fierté mais parfois aussi de l'angoisse qui les prenait aux tripes et les faissait vômir ! Car ce combat de Titans ne pourrait avoir d'issue que dans la destruction des moins forts!
Et puis au plein coeur de cette lutte fratricide au sein d'un même peuple, après avoir beaucoup tué et pillé, Juan et Dominique tombèrent dans une embuscade, vers midi, à l'entrée d'un petit village de la brûlante Castille, non loin de Tolède. Vif comme l'anguille,Juan glissa entre les mains de ses agresseurs. Dominique, moins agile, resta leur prisonnier.
Aucun conciliabule, aucun jugement, pas même une parole.On le mit nu et jeune et beau comme il l'était, on le viola, puis on lui lia les mains derrière le dos.La tête en bas, il fut attaché à la poutre qui servait de linteau à la porte d'une maison en ruines.
Une femme édentée, hirsute, puant la crasse et l'alcool s'approcha de lui, lui cracha au visage et,sans doute pour économiser une cartouche, armée d'un couteau elle le lui planta dans le ventre à le naissance du sexe, faisant glisser la lame, effilée comme un rasoir, de bas en haut, jusqu'à la gorge. On était loin de la mort noble des taureaux dans l'arène ! Le hurlement de Dominique se répercuta sur le flanc des collines avoisinantes!
Posté le 10.06.2008 par caravanier
Dominique était surpris d'une telle violence, car le sujet n'avait jamais été abordé entre eux.Il réfléchit quelques secondes avant de décider:-"Je viens avec toi, mais en le faisant je sais que je devrais me battre contre mon père, tout en aimant le tien!"
Une partie de leur destin venait de se sceller, destin cruel dont ils ignoraient tout!
A pieds, côte à côte, Juan et Dominique marchaient dans la poussière du bord de la route qui les conduisait vers l'Espagne, puis vers le centre de la révolte. Ils entraient, ensemble, sana le savoir,dans ce qui allait devenir un morceau de l'enfer!
Arrivés dans le village abritant le centre des forces révolutionnaires, ils se firent connaître. Manifestant le désir de servir une cause qui leur semblait juste. Ils furent intégrés, aussitôt, dans ce tourbillon de haine et de fureur, de sang et de poussière, dans les gravats qu'allait être la révolte intégrale des humbles de l(Espagne! Le déchaînement fut terrifiant!
L'escalade dans la violence fut progressive, de part et d'autre, atteignant, ensuite, un degré de sauvagerie inconcevable dans ce siècle qui, pourtant, en avait vu beaucoup depuis sa naissance, sans savoir, encore, tout ce qui se déchaînerait ensuite!
Les Espagnols ont une conception qui n'appartient qu'à eux de la violence, du sang de l'honneur et de la mort. Sans doute à cause des taureaux!
Intégrés dans une équipe de"trompent le mort!" Juan et Dominique apprirent la ruse, le guet-à-pens, l'égorgement silencieux au coeur de la nuit ou sous le soleil le plus brûlant! Et aussi,au milieu des landes arides, la balle tirée dans la nuque d'un blessé agonisant. Sachant qu'une heure plus tard, ils pourraient de bourreaux devenir victimes!
Ils agissaient ensemble, se séparant le moins possible. Juan, avec son instinct sauvage avait insufflé à Dominique le goût de tuer des hommes, comme il aimait tuer les taureaux.
Avec une violence qui montait de leurs tripes et rejaillissait, la nuit venue, au creux de leurs caches poussiéreuses au milieu des ruines,en étreintes encore plus sauvages et amoureuses, sachant qu'elles seraient, peut-être, les dernières. Ils étaient devenus des fauves!
Pour Juan, massacrer du bourgeois franquiste était une revanche qu'il assumait d'instinct! Au nom de plusieurs générations de semi-esclaves vivant au coeur de la pauvreté, le nez dans la poussière des terres arides et dans l'humiliation!
Pour Dominique, devenu coeur de pierre, encouragé par son ami, depuis le rejet familial, il se vengeait de son père avec une délectation morbide. Qui le jetait, certains soirs sur sa couverture percée, le désespoir au coeur, très vite atténué par les rugueuses étreintes de Juan!
Depuis leur blessure commune de Béziers, ils étaient extrêmement prudents dans leurs attitudes de l'un vers l'autre. Alors que leur entourage, charrié dans le courant quotidien de la violence et du sang, se moquait bien de contingences de ce genre. Tous baignés, qu'ils étaient dans les spasmes du viol de leurs victimes, homme ou femmes, laissées pantelantes et souillées lorsqu'elles n'étaient pas mortes!
Posté le 09.06.2008 par caravanier
Ils allèrent, ainsi, de mois en mois, voyant grandir leurs sentiments et multipliant leurs élans autant que la prudence le leur permettait. Le père de Dominique, commençait, pourtant à avoir de sérieux doutes sur le type de relations entretenues par les deux garçons, même si Juan ne mettait jamais les pieds dans la maison familiale.
Une fin d'après-midi, entrant, à l'improviste et sans bruit dans l'une des étables sombres, il entendit l'un des ouvriers interpeller Juan en riant:-" Eh! La gonzesse, viens me donner un coup de main avant d'aller te faire chibrer par ton chéri!"
Hurlant de rage, l'adolescent se rua sur le jeune commis, la fourche en avant et ce fut un miracle s'il ne fut pas embroché par les dents luisantes et acérées. Sans avoir été vu, le père se retira et regagna la mas, bouillant de colère et de honte!
Ce fut une soirée mémorable au cours de laquelle la radio laissa entendre les premiers grondements de la révolte en Espagne! Et dans le même temps, le père explosant de rage et d'indignation exigea que son fils rompe immédiatement ses relations avec"Ce petit saligaud de Juan!" Dominique refusa, en précisant même quelle était la nature et la profondeur de ses sentiments pour son ami. Sa colère montant d'un cran le père chassa Dominique de chez lui, en même temps que Juan!
Le fils répudié quitta la maison à la nuit tombante, après avoir embrassé sa mère en larmes, qui avait tenté en vain de le retenir en s'opposant à son mari. Portant son sac de voyage et muni de ses quelques économies,il prit le chemin de la gare de Béziers où il avait donné rendez-vous à Juan, alors qu'il sortait du bureau du"maître" après avoir été congédié dans les hurlements et les insultes.
le jeune Espagnol n'était que reconnaissance et bonheur en constatant que Dominique ne l'abandonnait pas, mais, au contraire, resserrait les liens qui les unissaient. La double conjoncture du renvoi des garçons et du début de la guerre civile allait peser lourd sur leurs destins, tout en les rapprochant encore davantage. Désormais ils n'allaient plus se quitter et pourraient vivre ensemble nuit et jour. Leurs coeurs étaient pleins de joie, en déchirant à belles dents des sandwiches jambon-beurre au buffet de la gare!
Ils passèrent leur première nuit dans un petit hôtel proche de la gare. tellement heureux d'être enfin ensemble pour tout partager. Mais la rumeur de l'explosion espagnole ne les avait pourtant pas épargnés. Les articles lus, ainsi renseignés, ils établirent leur plan.
Libres de toutes attaches, mais incapables de vivre longtemps en autonomie financière ils se devait d'agir. La réaction de Juan fut violente;-"Depuis le temps que l'aristocratie et la bourgeoisie nous exploitent et nous écrasent, je vais, sans hésiter rejoindre les Républicains pour me battre et détruire les salauds qui nous gouvernent. Je veux rejoindre les combattants et m'intégrer à eux. Je sais tenir un fusil! Viens-tu avec moi pour te battre jusqu'à la mort?"Il tremblait d'excitation et de désir de vengeance. Dominique tenta de le calmer mais rien n'y fit! Les yeux pleins de larmes, Juan cria:-"Je veux venger la misère de mon père et celle de mon grand-père.Ou tu viens avec moi, ou je te quitte!"
Posté le 08.06.2008 par caravanier
La présentation de Juan à son père, ne fut pas un problème pour Dominique, pas plus que l'embauche du jeune Espagnol. Pour ne pas risquer d'éveiller les soupçons en demandant qu'il soit logé dans la gtande maison familiale,Dominique obtint pour son ami, une chambre pour lui seul dans l'un des bâtiments de l'exploitation. Dotée, luxe inouï pour le jeune andalou, d'un grand lit et d'un lavabo avec l'eau courante! Lui qui n'avait eu, jusqu'alors qu'un bat-flanc pour dormir et un demi seau d'eau pous se laver.
Après sa fugue vers les lointains pâturages de l'Andalousie,que son père lui avait pardonné avec une certaine réticence, jamais Dominique n'aurait espéré se retrouver à Béziers, reprenant le cours de ses étudess, après avoir beaucoup appris sur l'art de toréer. Avec, tout près de lui, le garçon qui était entré dans son existence un beau matin sur une plage et savoir qu' ils se retrouveraient dans les bras l'un de l'autre pour partager leurs élans, aussi intenses d'un côté que de l'autre!
Dès le lendemain de son retour, Dominique quitta sa chambre vers minuit pour gagner, furtivement,celle de son ami.Fous de bonheur et de désir, ils restèrent blottis, nus, et tendus par l'émoi, l'un contre l'autre sur le lit,en se grisant de tendresse et de plaisirs mêlés jusqu'à l'ultime étreinte de l'aube.
Juan n'eut aucun mal à s'intégrer à l'équipe d'ouvriers agricoles travaillant sur l'exploitation. D'autant moins que deux Espagnols en faisaient déjà partie. Ils l'accueillirent avec chaleur, bien qu'ils ne soient pas originaires de la même province. C'est seulement la nuit, toutes activités terminées que les deux garçons pouvaient se retrouver pour mêler leurs caresses leurs baisers et les jaillissements de leurs semences!
Au fil des jours, chacun avait organisé sa vie: Dominique en Faculté, Juan derrière la charrue, en apprentissage de la conduite d'un tracteur, ou au coeur des étables. Pour être plus souvent ensemble,l'étudiant avait demandé à son père de pouvoir faire l'éducation du jeune Espagnol en lui apprenant à lire, à écrire et à calculer. ce que l'école de son village ne lui avait guère enseigné. Ils passaient, ainsi,ensemble, presque tous leurs instants de liberté.
A plusieurs reprises, au moment des vacances, Dominique retourna à la ganaderia pour continuer son éducation tauromachique. Chaque fois il emmenait Juan pour qu'il puisse voir ses parents.
Passionné autant que doué, il arriva enfin au jour suprême où il allait devoir tuer son premier taureau, au cours d'une novillada organisée par une petite arène de province.
Le moment où, les jambes serrées, face au taureau exténué, qui baissait la tête, il plongea entre les cornes pour transpercer le corps du jeune fauve, au niveau du garrot,fut l'un des plus intenses de savie!
Derrière le plaisir d'une course bien menée, il sentit monter dans sa gorge, en même temps que le goùt du sang, une sorte d'orgasme qu'il offrit en pensée à Juan, qui tout au long de la course, était resté téténisé derrière la barrière en se rongeant les ongles avec fureur et angoisse!
Posté le 07.06.2008 par caravanier
C'est ainsi que, sous un clair de lune étincelant et froid, projetant sa clarté sur les cailloux de la colline Dominique et Juan, nanti de son balluchon,montèrent dans la voiture de location. Bientôt, les parents ne virent plus, à travers la poussière et le brouillard de leurs larmes, contenues jusque là, que les feux rouges cahotants et l'énorme roue de secours de la voiture.
La rencontre inopinée de Dominique et de Juan, sur une grève du sud andalou n'avait rien de particulièrement extraordinaire. Ce qui était déjà moins courant, c'était que Juan fasse partie de cette petite fraction, très rare, d'adolescents espagnols qui ne fuyait pas leur différence! En éprouvant, sans oser, pourtant, le dévoiler au grand jour, une attirance pour les rapports intimes entre garçons. Et qu'il soit prêt à l'admettre dans un pays où ce genre de relations mettait son adepte au ban de la société!
Le plus insolite était ce lien immédiat, noué au creux de leur rencontre, et cette fascination du sexe de l'un pour le sexe de l'autre! Même si Dominique avait des souvenirs précis et encore intenses de ce genre d'échanges, mais fugitifs et non pas amoureux.
Alors que l'envie d'être ensemble et de le rester, était déjà enracinée,même si tout dans leurs vies, dans leurs activités et dans leurs éducations était fait pour les séparer.
La nuit, maintenant totale, sans même une ligne plus claire à l'horizon du couchant avait abandonné sa mission de noirceur, pour se livrer, toute entière aux rayons de la pleine lune qui donnait au paysage, l'aspect d'un autre monde et d'un chaos glacé.
Une main posée sur celle de l'ami, Dominique et Juan, tout en admirant la beauté du spectacle, pourtant familier au jeune Andalou, se concentraient sur les battements, à l'unisson, de leurs coeurs, au travers de leurs doigts entrecroisés d'abord, puis rapidement partis en exploration de leurs tiges vibrantes et bien décidés à être plus audacieusement amoureux un peu plus tard dans la nuit!
Ils y pensaient intensément et pourtant ils montaient vers un avenir plein d'incertitudes, mais aussi d'une volonté et d"élans partagés avec l'espoir de les vivre longtemps ensemble!
La remontée vers Béziers se fit en deux étapes, coupées par une nuit à la belle étoile, Sans pouvoir se mettre nus à cause de la froidure de la nuit,il la passèrent blottis tous les deux sous la même couverture qui se fit la complice bienveillante des élans qu'ils avaient contenus trop longtemps et auxquels ils donnèrent libre cours dans la fièvre et le bonheur de leurs liqueurs mêlées en des baisers profonds!
Dominique avait tressailli au contact de la main rugueuse voyageant sur la douceur soyeuse de sa peau et l'avait rendue glissante, alors que Juan avait sû guider les lèvres de son ami jusqu'à son membre, déjà noueux, dressé au clair de lune, et brillant de la moiteur du désir sachant leur offrir son jaillissement adolescent et parfumé!
Posté le 06.06.2008 par caravanier
Le paysan hocha la tête en entendant cet argument ! Certes ce n'étaient pas les pesetas qui encombraient sa bourse, mais il était maître chez lui! -" Q'en penses-tu Juan?" C'était la première fois que le père demandait l'avis de son fils! -"Je suis prêt à partir avec Dominique, dès ce soir ! Pour moi, c'est le mieux qui puisse m'arriver!"
A ce moment, les regards des deux amis se croisèrent et Dominique lut, dans celui de Juan, des lueurs de tendresse, d'amour et de soumission comme il n'en avait jamais rencontré jusqu'alors. Au point qu'il eut la crainte que les parents ne s'en aperçoivent, car les paysans Andaloux, aidés de leurs prêtres ne transigent pas sur les moeurs ni sur la vie sexuelle des garçons comme des filles!
Mais ce fut un échange d'une merveilleuse intensité pour l'un comme pour l'autre, au point que l'un et l'autre éprouvèrent le même désir fulgurant qui distendait leurs virilités prisonnières.! Désormais, ils étaient deux pour s'aimer et se battre dans la vie!
Alors que Juan, pourtant, n'arrivait pas à comprendre comment il lui était possible de vivre un tel conte de fées, avec un garçon tellement différent du fils de paysan aux mains calleuses qu'il était!
Pour meubler le nouveau silence qui s'était installé dans la selle, la Mama remplit, à nouveau les assiettes avec le reste de la paëlla.
Juan savait ce qu'il voulait, ce qu'il avait envie de crier à la face de ses parents, sans pouvoir le faire, parce que leur peine serait trop grande de voir un fils, devenu dévoyé, qui jusqu'alors avait été respectueux et efficace! Il n'était pas question de pouvoir faire la moindre allusion aux sentiments ni aux désirs qui lui faisaient éclater la poitrine,à cause des jours récents qu'il venait de partager avec son ami !
Dans cette région de l'Espagne, de tels élans étaient considérés comme une malédiction du diable. Alors que, dans les grandes villes, la situation avait évolué sensiblement depuis quelques années, mais à condition que les choses se passent avec un maximum de discrétion
Pour son père, l'idée quq Juan puisse être attaché, corps et âme à un autre homme était inconcevable, et le savoir l'aurait, sans doute foudroyé sur place de honte et de chagrin !
En faisant miroiter à ses parents les nombreux avantages de son départ, Juan les menait doucement vers une acceptation, certes réticente, mais dans laquelle le poids sonnant et trébuchant des pesetas, au fond de leur porte-monnaie, si souvent vide, n'était certes pas étranger !
Les quelques larmes de la Mama furent vite séchées. La bouteile de Manzanilla ayant fait son apparition dans les mains du père était un signe d'acceptation tacite de la situation et une puissante auxiliaire à une séparation silencieuse mais sans drame familial !
Posté le 05.06.2008 par caravanier
Très ému Juan se remontant, unpeu, pour coller ses lèvres contre l'oreille de son ami, murmura ce qu'il supposait être le meilleur pour les ancrer l'un à l'autre dans la vie:-"Viens en moi!" Le coeur de Dominique bondit ! Même s'il en avait rêvé, il n'avait jamais pensé que celà se ferait car, comme Juan, il était vierge! Mais cette nuit là devait être celle de leur union et d'instinct, sa virilité trouva le bon chemin vers l'anneau qui l'attendait, nimbé de sa moiteur palpitante. Ce fut le moment de la fusion où ils ne firent plus qu'un, lorsque Juan s'ouvrit totalement pour donner, avec appréhension, sa virginité au brûlant désir de ce compagnon qu'il aimait! Et Juan se sentit devenir autre, lorsqu'une fois l'anneau franchi, il sentit qu'il pouvait retenir Dominique prisonnier en lui!, Et il pleura de douleur, puis de joie, et jouit, lui aussi, en sentant jaillir au coeur de lui-même, la quintescence fulgurante du plaisir de celui qui devenait son amant et qui était vierge lui aussi !
D'instinct, leurs index s'étaient entremêlés, formant une alliance à l'instant de leur union. Moment à tout jamais inoubliable pour eux. Un instant, ils restèrent immobiles, regards confondus et souffles mêlés; Puis Dominique recueillit, du bout des doigts, une larme du jaillissement de Juan en y joignant un peu de sa propre liqueur pour adoucir leurs lèvres désséchées par la soif et lémotion !
Le lendemain, ce fut à la nuit tombante, au milieu de l'un de ces crépuscules flamboyants, qui déjà, annoncent l'Afrique, qu'ils arrivèrent à la maison des parents de Juan. Une odeur de paëlla flottait autour de la maison. Au bruit du moteur, le père, la mère, et les enfants étaient sortis sur le seuil, les regradant approcher. La méfiance se lisait dans leurs regards.
Pour rompre le silence, dans ce crépuscule bleue et or, Juan présenta Dominique comme un grand frère venu de France. Il raconta en phrases un peu hachées par l'émotion, leur séjour à la ganadéria, en expliquant la venue de son ami pour apprendre à connaître les taureaux de combat et la corrida qu'il aimai tant!
L'atmosphère se détendait si bien que les parents invitèrent Dominique à partager l'odorante paëlla. Au cours du dîner, il raconta un peu sa vie à Béziers, puis soudain,changea de ton: Il expliqua la propriété de son père, ce qu'on y cultivait et termina en disant:
-"Depuis que nous nous connaissons, Juan et moi, sommes devenus amis. Or il se trouve que mon père cherche, en ce moment, des hommes pour travailler sur sa terre. J'ai pensé que Juan pourrait venir en France, avec moi, pour être embauché avec un bon salaire. Bien sûr, il viendrait vous voir quand il le voudrait!"
Il faisait presque nuit, un silence total tomba sur la maison. Le regrad du père s'assombrit, celui de la mère s'éclaira.
-"J'ai besoin de Juan pour travailler avec moi, je suis maintenant trop vieux pour tout faire seul!"....-"Tu as encore ton neveu Fernando avec toi ! Et puis tu ne vas pas garder tes fils, ici, toute leur vie!"
Le père n'apprécia pas l'intervention de sa femme et se tut. Dominique intervint en regardant intensément le vieil Espagnol:
-"Réfléchissez bien ! Car mon père peut offrir à votre fils, une vie moins austère et aussi davantage d'argent!"
Posté le 04.06.2008 par caravanier
Juan en entendant celà, s'était roulé en boule de bonheur contre Dominique et avait investi sauvagement sa braguette pour offrir à son occupante des caresses qui la firent pleurer de joie alors que leurs élans avaient vite tourné au délire commun!.
En fin de journée,ils retournèrent dans l'arène, Dominique poursuivant son éducation taurine faisait de rapides progrès, sous l'empire de sa dévorante passion pour les fauves aux cornes assassines !
En voyant son ami face à un taureau, même jeune, Juan avait peur pour lui et se rendait compte que cette anxiété, ces tripes nouées, venaient des sentiments qu'il éprouvait pour son ami. Alors qu'il ne comprenait rien à la soudaineté et à l'intensité de ce qu'il était entrain de vivre Partagé entre l'incompréhension de voir un garçon si différent de lui, de s'intérêsser au petit paysan inculte qu'il était et celle de ne pas comprendre, non plus, comment et pourquoi il était si soudainement et si fort attaché à un garçon, alors que rien, jusqu'ici ne lui avait donné l'idée d'un tel penchant! Ce qui lui donnait une si grande peur de le voir s'éloigner, après quelques désirs partagés, le laissant assis sur un tas de cailloux, au coeur des collines brûlées de solei qui l'avaient vu naître et grandir !
Mais l'un comme l'autre, avec des natures si différentes, s'étonnaient d'avoir accordé, soudain, une telle importance aux réactions de leurs corps, ou plutôt de leurs sexes, devenus fous l'un de l'autre!
Dominique, à la rigueur! Etant plus disponible dans la vie de tous les jours. Mais Juan! qui, le soir venu, après une journée harassante, s'effondrait de fatigue sur son bat-flanc, sans autres nécéssités, ni contingences que celle de dormir!
Er pourtant d'un jour à l'autre, l'exercice de leur sexualité était devenu primordial et hantait leurs pensées et leurs gestes à chaque instant. Pratiquement, ils ne débandaient plus!Et être dans les bras l'un de l'autre, se caresser et se mener réciproquement au plaisir, eétait devenu l'essentiel de leurs préoccupations. A tel point que les odeurs corporelles et sexuelles de l'un étaient devenues celles de l'autre.
Alors que partout, en Espagne, les prémices d'une secousse sismique d'une violence rare et terrifiante, se manifestait de plus en plus précisément, laissant présager les évènements qui allaient engendrer le déferlement d'un fleuve de sang, qui ne serait plus celui des taureaux, et l'horreur de montagnes de morts pourrissants sous le soleil !
Au cours de leur dernière nuit passée ensemble dans la grange,leurs gestes se firent encore plus intenses et fiévreux. Pour l'un comme pour l'autre, il y avait une sorte de déchirement, en sachant que cette parenthèse de la vie se terminait, sans un connaître la suite!
Au plus fort de leurs étreintes,au coeur de la nuit encore chaude, Juan voulait offrir au désir de Dominique, d'instinct et sans rien en savoir, mais un peu guidé par des effleurements exploratoires et locaux, l'accès à sa plus secrère intimité !