-"Beau gosse, c'est toi qui le dit ! Au collège et maintenant au lycée, j'ai eu des copains, on s'amusait bien dans les toilettes, et on se faisait plaisir. J'ai toujours aimé le contact de leurs doigts sur mon sexe et de mes lèvres sur les leurs! Et puis il y a eu Michel. Avec lui, on s'aimait vraiment, on était éclaireurs ensemble et puis les parents ont dû se douter de quelque chose et ils viennent de nous obliger à nous séparer!"....-"Et tu l'aimes encore?"....-"Oui! Et on s'est promis de se revoir à la rentrée!"...-"Et en plus, tu aimes les laides:"....-"Je n'en ai jamais connu assez longtemps pour çà,mais je reconnais qu'elles m'attirent beaucoup!"...-"Alors, avec toi, j'ai mes chances?"....-"Cà se pourrait bien, mais on verra quand on se connaîtra mieux!"
La conversation fut interrompue par la mère de Vincent, venue voir où en était le dîner. Elle se fâcha:-"Allez, Virginie, au boulot, on ne vous paye pas pour bavarder avec Vincent, et toi, files de là, vas ranger tes affaires!
Sa chambre était au rez de chaussée, donnant sur la terrasse face à la mer et Clotilde s'y trouvait dans l'attente visible de sa venue:-"Et bien dis donc, elle a l'air de te plaire drôlement la Virginie, vous en avez fait des discours!"....-"Oh, çà va, arrêtes tes salades, çà ne te regrade pas, vas sur la plage et laisses moi ranger mes affaires!"
Clotilde se retira, l'âme en peine et la vallée penaude. Lorsqu'il déballa son sac, il y trouva un petit bouquin qu'il ne connaissait pas. curieux, il l'ouvrit et le feuilleta. C'était le roman de Raymond Radiguet,"Le diable au corps". Il en tomba un petit morceau de papier sue lequel était écrit:"Courage! je t'aime!". Les larmes lui montèrent aux yeux, lui brouillant la vue et l'empêchant de voir où il rangeait ses affaires!
L'après-midi sur la plage, il y eut bain de mer et bain de soleil Il pensait à Virginie, mais Clotilde lui collait aux basques avec des airs éplorés et de grands yeux de veau pleins de larmes. Mais lorsqu'elle voulut entrer dans la cabine avec lui, il la repoussa brutalement en disant:-"Non! Pas maintenant, laisses-moi trabquille!" Elle s'effondra en larmes sur le sable, en criant presque, au risque d'être entendue;Salaud, les garçons, çà ne te suffit plus, c'est Virginie que tu veux maintenant!"
Vincent était furieux en pensant que "cette grande saucisse" allait lui coller aux basques tout le reste des vacances et l'empêcher d'avoir les coudées franches avec Virginie!
Pourtant, leur première conversation l'avait à la fois surpris et excité. Il imaginait qu'avec une fille pareille, aussi délurée et franche du collier, il pourrait se passer plein de choses inhabituelles et troublantes. Et il n'avait pas l'impression que ses quatorze ans allaient être un handicap face à ses dix sept ans. Et, déjà, il fantasmait sur sa poitrine plate, ses grandes lains pleines de doigts et ses pieds immenses qu'il espérait moites!
Le temps lui sembla long au cours de cet après-midi et ce début de soirée, en attendant que Virginie ait achevé son travail de l'après-dîner. Et en plus,il redoutait une intervention intempestive de Clotilde, qui devait le surveiller de sa villa voisine.
Il était aussi un peu inquiet de ce qui allait se passer avec Virginie qui, si elle était aussi audacieuse en actes qu'en paroles, devait être difficile à suivre dans ses élans et peut-être même dans ses "élucubrations!"
Après l'avoir entendu quitter la cuisien et monter dans sa chambre, il attendit un long moment que la maison soit plingées dans le calme avant de se décider à aller la rejoindre. en réalité, après avoir fait le fanfaron avec elle,il se sentait redevenu l'ado de quatorze ans qu'il était. Et mis au pied du mur, il ne se sentait plus du tout fiérot!